CHRONIQUES

L’après COVID ou

le retour à la normale

© Martine Lavallée B.A.A. et Technicienne en santé animale

C’est un secret de polichinelle que pour briser l’isolement beaucoup d’individus aient fait l'acquisition d'un chien, d'un chat ou d’une autre espèce d’animal au cours des 12 derniers mois. En temps «normal» au Québec, 500 000 animaux de compagnie sont abandonnés chaque année. Le nombre d’animaux abandonnés va-t-il grimper en flèche une fois en 2021 ?

La situation au Québec

Nous sommes nombreux dans le milieu de la santé animale, éleveurs, animaleries, refuges et cliniques vétérinaires à s’inquiéter de futurs abandons massifs. Cette année 2021 amène un lot de défis comme le retour au travail présentiel, les déménagements où de nombreux propriétaires n'acceptent pas les animaux et la mode des chats de camping. 

En février 2021 la chroniqueuse Véronick Raymond, de Moteur de recherche à Radio-Canada, posait une question très pertinente sur le retour à la normale : 

 

« Si on revient à une vie active hors du foyer et à

une période moins intensive avec son animal, est-ce

qu’on va avoir les mêmes comportements? Est-ce que

les gens vont avoir autant de temps pour les soins

requis au quotidien? Est-ce qu’ils vont trouver

des solutions pour voyager [avec leur animal]? »

Bref, comment s’en sortir? Je suis d'avis qu'il faut agir de façon préventive à prime abord, puis s'assurer de faire tout en notre pouvoir pour que nos animaux s'adaptent à nos changements d'habitudes. 


Dans cette chronique, je vous parle des bonnes raisons pour adopter un animal, mais aussi de toutes les mesures à mettre en place afin que celui-ci ne subisse pas négativement notre retour en travail présentiel.

Prendre soin d’un animal pour les bonnes raisons

C’est facile, pour plusieurs, de tomber en amour en voyant une photo ou une vidéo d’animal. Mais introduire un animal chez soi implique des engagements financiers ainsi qu’une disponibilité constante pour s’en occuper adéquatement.


Voici une liste de FAUSSES façons / raisons pour adopter un animal de compagnie:

  • Adopter sur un coup de tête : prendre soin d'un animal nécessite un budget. On doit aussi s'assurer de la provenance de celui-ci, car beaucoup d'usines à production d'animaux de compagnie ne prennent pas soin de leurs animaux.
  • Afin de manger ma vermine : une raison archaïque d’utiliser tout animal.
  • Aimez flatter des animaux : la plupart des animaux n’aiment pourtant pas se faire flatter.
  • Nous avons la maison et le terrain : même si notre maison et notre terrain sont spacieux, les besoins de notre animal ne seront pas nécessairement comblés. 
  • Par pitié : dans la vitrine d’une animalerie ou sur Internet, ce petit minois peut malheureusement provenir d’usines à chiots ou à chatons. On ne doit pas encourager ce type d'élevage.
  • Parce que je le trouve beau : il est beau, mais est-il équilibré? On ne doit pas juger l’animal par son allure, mais bien par ses qualités relationnelles tout comme les humains.
  • Parce que je me sens seul : si on invite un animal à partager notre solitude, il y a de fortes chances que celui-ci ait une carence au niveau social. Il serait mieux de travailler sur SA propre solitude avant d'introduire un animal dans notre vie.
  • Parce que petit il est si mignon : mais en grandissant il se peut que ses comportements gâchent sa beauté.
  • Pour faire un cadeau : c’est une des pires raisons! Il est fort probable que la personne ou l'enfant à qui on offre un animal n'est actuellement pas prête à s'occuper financièrement et émotivement d'un animal de compagnie.
  • Pour garder ma maison : une trop grande responsabilité pour n’importe quel animal.
  • Pour que je puisse passer à travers un deuil : même si un animal peut être un support psychologique le deuil ou toutes autres détresses psychologiques ne sont pas de bonnes raisons pour adopter. 

Les intervenants dans le milieu du bien-être animal souhaitent ardemment que les gens qui adoptent un animal tissent un lien fort avec celui-ci de sorte qu’il fasse partie de la famille pour la vie. Mais à priori, on doit vouloir accueillir un animal de compagnie dans sa famille parce que pour l’animal c’est l'opportunité de lui offrir la meilleure vie possible. 
On ne peut arriver à penser au bien être de l’animal qu’en considérant que cet être vivant a autant, sinon plus, d’importance que nous-mêmes. Il est primordial de comprendre que nous ne devons pas adopter un animal par besoin, mais bien plutôt par altruisme. L’adoption doit donc être réfléchie et pensée à l’avance. On doit préparer la maison à l’arrivée de notre animal, prévoir le temps nécessaire à son adaptation ainsi que l’argent, l’énergie physique et mentale pour combler les besoins de notre nouvel être vivant. 


Par ailleurs, pensons adopter dans un refuge au lieu d’un éleveur pour briser ce cycle de production. Mais si on souhaite adopter un animal de race, mieux vaut choisir un bon éleveur afin d’encourager ceux qui reproduisent de manière éthique.

Se préparer au travail présentiel

La bonne nouvelle, c'est que nos animaux ont beaucoup moins la notion du temps qui passe que nous humains. Il est essentiel que notre animal ne se retrouve pas seul d’un coup dans une situation complètement nouvelle. On acclimatera donc notre animal à nos absences de manière graduelle plusieurs semaines avant notre retour au travail. On fera alors de petites sorties de 5, 10, 15 minutes où on va le laisser seul dans des conditions identiques à celles qu’il aura lorsque ses maîtres partiront travailler. 

Si des problèmes surviennent, on doit consulter un spécialiste en comportement canin ou félin le plus rapidement possible. Il est possible que cette acclimatation s’accompagne d’une médication temporaire prescrite par un vétérinaire afin de ne pas aggraver les troubles.

Vous pourriez aussi faire appel à des spécialistes qui se déplacent à votre domicile pour soit faire marcher votre chien ou jouer et nourrir votre chat durant vos longues journées d'absence.

Comme vous pouvez le voir, il y a des solutions et parfois on doit en utiliser plusieurs pour garantir le succès. L'important c'est de persévérer, de dédramatiser et d’utiliser beaucoup d’amour à travers ce processus.
Bon retour au bureau!

Le confinement a réussi à créer des liens encore plus forts entre les animaux et leurs maîtres. Ce rapprochement n’est malheureusement pas toujours sain. On peut se retrouver avec un attachement excessif au maître et une désocialisation du reste du monde. Cela pourrait se traduire par une augmentation de comportements liés à l’isolement. Chez le chien, la dépression se manifestera par des comportements destructeurs ou des aboiements intempestifs. Chez le chat déprimé, la vocalisation excessive est aussi présente ainsi qu'un appétit constant.